Maëlle : ” ce n’est pas une course de vitesse l’entreprenariat “.

par | Août 31, 2021 | 0 commentaires

Aujourd’hui nous allons parler de maladies chroniques. Parce que les maladies chroniques ça touche aussi les entrepreneur.es et que c’est même un peu plus répandu chez les entrepreneur.es puisque on est plus libre de nos emplois du temps, et donc on peut davantage s’adapter aux aléas de la maladie. Et comme je ne suis pas experte en maladies chroniques, j’ai invité Maëlle pour en parler avec nous.

Maëlle, c’est une jeune entrepreneure qui a fait de sa mission d’aider les entrepreneur.es qui sont victimes de maladies chroniques à mieux s’organiser, à mieux vivre dans leur business, bref elle a vraiment un pourquoi très fort qu’elle partage avec nous. Elle partage aussi ce que c’est de vivre avec une maladie chronique, ça a été hyper enrichissant et j’espère vraiment que ça ouvrira les yeux sur certaines réalités de l’entreprenariat. Des réalités qui sont souvent cachées. Dans tous les cas je te laisse avec l’interview bonne écoute.

Présentation de Maëlle

Bonjour, je m’appelle Maëlle, j’ai 21 ans, et je suis entrepreneure depuis plusieurs mois déjà presque plus de 6 mois. Et mon but c’est d’accompagner les entrepreneur.es malades chroniques dans leur business, pour que ça se passe bien, pour réussir à jongler entre leur santé et leur travail. 

L’arrivée de la maladie chronique

Est-ce que tu pourrais nous expliquer pourquoi tu as décidé de te lancer sur ce sujet ?

Alors à la base je n’étais pas du tout partie là-dedans. Je me suis lancé en tant que Community manager, j’aimais bien les entreprises éthiques parce que ça m’a toujours plu etc…et puis au bout d’un moment, j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup d’entrepreneur.es qui avaient une maladie chronique, mais qui n’en parlaient pas du tout. Et je me rappelle avoir chercher un peu partout sur Pinterest etc…des articles qui en parlaient, parce que moi en tant que malade chronique ça m’intéressait de voir comment les autres fonctionnaient. Et je me suis rendu compte que personne n’en parlait, et qu’il était peut-être temps que quelqu’un en parle. Alors je me suis dit je vais faire mon compte Insta, je vais changer de direction, et essayer de parler un peu de moi, mon quotidien, ma maladie, comment je jongle avec le travail.

Et récemment je me suis dit peut-être que je pourrais aller un peu plus loin, et essayer d’accompagner d’autres personnes comme moi, qui ont une maladie chronique, mais qui ont du mal à jongler. Donc voilà c’est un petit cheminement de pensées mais surtout de base, c’est moi ! Je le vis ! Donc je sais ce que c’est !

D’ailleurs est-ce que tu pourrais expliquer quelle est ta maladie chronique ?

Oui il n’y a pas de soucis. Alors du coup moi je suis atteinte d’endométriose depuis toujours, depuis mes premières règles, j’ai été diagnostiquée en 2018. Suite à toutes les douleurs que j’ai eue pendant des années à chacun de mes cycles, j’ai commencé à avoir des douleurs tous les jours etc… et ça m’a créé un dysfonctionnement du système
nerveux. C’est-à-dire que, maintenant j’ai des messages de douleurs qui sont envoyés à mon cerveau, alors que je n’ai pas forcément de douleurs. Je dois tout réapprendre en fait, j’ai mal partout, je perds en force, et j’ai une grosse rééducation à faire là-dessus, qui est liée à l’endométriose, mais de loin quand même. Mais ça m’accompagne au quotidien, j’ai mal tous les jours de ma vie, donc c’est une maladie chronique puisque c’est là depuis un moment.

Maladie chronique & entrepreneuriat

Alors il y a un truc tout simple avec les maladies chroniques. Que ce soit l’endométriose ou autres, déjà ça apporte beaucoup de fatigue. Donc moi j’ai besoin de beaucoup d’heures de sommeil. Le matin, j’ai du mal à travailler avant 9-10h parce que j’ai besoin de me reposer. Et si je ne le fais pas, je vais être épuisée pour la journée. Je ne vais rien pouvoir faire. Donc déjà il y a ça !

Ensuite, l’endométriose ça crée des douleurs au niveau du ventre, au niveau de l’utérus et des ovaires. Ça peut être qu’au moment des règles, mais moi ça arrivait même quand je n’avais pas mes règles, donc tous les jours. Et maintenant que je suis sous pilule en continu et que je n’ai plus mes règles, j’ai mal tous les jours quand même, donc ces douleurs là au niveau du ventre au moins elles se sont atténuées.
Mais à cause de ça, j’ai commencé à me contracter de partout en fait, et du coup à avoir mal un peu plus haut dans le ventre, au niveau du diaphragme, dans le dos, donc ce sont des douleurs que j’ai tout le temps. Et c’est simple je dois réfléchir tous les jours à combien de choses je vais pouvoir faire dans la journée parce que j’ai énormément de rendez-vous kiné. Et si dans une journée j’ai deux rendez-vous, je ne peux pas travailler derrière parce que ça m’aura demandé trop de temps. J’ai des trajets en voiture à faire donc c’est épuisant aussi, et des choses toutes simples mais à chaque fois que je mange je dois réfléchir à ce que je vais pouvoir digérer ou non. Parce que si derrière je ne digère pas et que j’ai deux heures où je ne peux rien faire, je ne peux pas travailler non plus.

Donc ça fait que c’est globalement impactant sur tous les aspects de ma vie. Et du coup, pour travailler il faut que je réfléchisse à quand je peux, quand je ne peux pas. Et c’est aussi avec les douleurs de dos, se dire « je change combien de fois de position de travail pendant la journée ? ». Parce que je peux passer d’en tailleur, puis assise, puis debout, puis mi assise, mi debout, allongée et un jour je vais finir les jambes en l’air je crois, parce que c’est ma seule solution pour ne pas avoir mal au dos. Et c’est aussi se trimballer une bouillote toute la journée autour du ventre, se trimballer un TENSE. C’est un dispositif qui envoie des ondes, donc on pose des électrodes un petit peu où on a mal, donc tu as ça qui pendouille, la bouillote et tu essaies de travailler au milieu de tout ça.

Alors là on en rigole parce qu’on a décidé de prendre ça avec le sourire, mais on est quand même, j’espère en tout cas que les auditeurices sont très conscients que c’est hyper lourd, que c’est hyper handicapant.


Et du coup comment tu as réussi à trouver une organisation qui te permette d’avancer quand même dans ton travail entrepreneurial, tout en respectant toute ces contraintes liées à la maladie ?

Déjà il y a un truc tout simple que je sais depuis 1 ou 2 mois je pense, c’est que j’ai appris dès le matin quand je me réveille, à être capable de me dire « est ce que je suis trop fatiguée, est-ce que j’ai trop mal, pour faire les activités que j’ai prévue dans ma journée ? ».
C’est un système de couleurs donc ça me permet de mettre une couleur sur comment je me sens le matin. Des fois, ça peut être juste je n’ai pas de motivation et puis ce n’est pas grave je ne vais rien faire de la journée. Ce n’est pas forcément que je suis au pire de ma douleur, mais il y a des fois voilà bon je me dis je n’ai pas de motivation, un peu
fatiguée, donc je ne me mets pas de pression. Ça ne sert à rien que je me mette trop de travail aujourd’hui, je ferai le minimum syndical, histoire de dire que j’ai travaillé.
Et il y a aussi ce truc de je ne marche plus avec des « to do List » parce que ça ne sert à rien. Sinon je suis déçue tous les soirs parce que je n’ai pas rempli ma to do List. Je sais ce que j’ai à faire à peu près dans la semaine, si jamais j’ai des rendez-vous importants ou des calls importants, ils sont notés, mais sinon je ne me force pas du tout au jour le jour à me dire je vais faire tant de tâches, je vais faire ça ou ça parce que je sais que ce n’est pas possible.

J’ai commencé à comprendre un petit peu à quels horaires j’étais plus motivée, la plus créative par exemple. Parce que si je veux faire de la création de contenus pour les réseaux, je sais qu’il y a des plages horaires par exemple de midi à quatorze heures, j’ai tendance à être très motivée et très créative, et aussi entre 18 et 21h, donc j’essaie de placer mon travail sur ces plages horaires.
Comme ça, je sais que je ne vais pas travailler beaucoup, mais très efficacement. Du coup, le reste de la journée ce n’est pas grave si je ne travaille pas ; je peux prendre plus mon temps pour ma vie, ou juste me reposer et être recroquevillée dans un coin. Mais c’est plein de petites techniques comme ça. C’est vraiment apprendre à connaitre son corps et connaitre sa fatigue. Et savoir que, si j’ai kiné à 14h, je ne serais pas dispo physiquement avant 16h pour faire quelque chose.

Maladie chronique et phases salariées

Alors tu es quand même très jeune, tu as 21 ans, est-ce que tu as connu des phases salariées avant ?

Oui depuis 2019 j’ai eu plusieurs CDD, donc en faisant Community manager aussi, toujours une idée fixe là-dedans.
Et ça n’a pas été facile du tout en fait parce que déjà se dire que je dois arriver à 8h au boulot repartir à 17h, je n’ai pas de pause, je suis assise toute la journée dans la même position. Je me rappelle le moment où j’ai été juste assise en train de souffrir parce que j’avais vraiment très mal, à prendre des médicaments très forts, parce qu’il n’y a que ça qui fasse passer ma douleur, à essayer de travailler alors que tu as les yeux qui se ferment. Tu es vraiment avec un anti-douleur qui te fait limite des petites hallucinations, donc vraiment dans un état ridicule, et tu fais ça pendant une semaine, tous les mois et ce n’était pas viable.
Je sais que le stress impacte beaucoup sur mes douleurs il y a aussi ça, c’est le fait de repérer qu’est ce qui est positif et négatif sur tes douleurs. Et je sais que tout ce qui est stress, c’est une horreur pour moi, mes douleurs dans le dos, mes brûlures, c’est là qu’elles arrivent le plus.


Donc il y a un CDD que j’ai fait en 2020, avant de me lancer, où je devais passer la journée assise, et j’étais contrariée parce que ça ne me plaisait pas à 100%. Et le fait d’être contrariée, je me contractais de partout et j’avais juste mal, donc le matin on m’emmenait au travail parce que je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas conduire, on venait me chercher j’étais dans le même état.
J’avais à peine le temps de dormir que je devais y retourner, vraiment j’étais dans un état pas possible et je pense que je n’aurai pas pu continuer sans par exemple faire des demandes de RQTH (Reconnaissance Qualité de Travailleurs Handicapés) ; d’avoir des mi-temps, des choses comme ça.
Mais même avec un mi-temps, je ne sais pas si j’en aurai été capable parce que c’est quand même tu as des plages horaires forcées où tu es sensé travailler et moi ça ne fonctionne pas comme ça.

Déclic entrepreneurial

Du coup est-ce que c’est ça qui a été ton déclic pour te lancer dans l’entreprenariat ?

Non, c’est un concours de circonstance qui a fait que je me suis lancée dans l’entreprenariat. Alors pour faire simple, je cherchais un travail, donc je postulais à des offres de Community Manager en CDD, CDI, j’en ai vu une à mi-temps donc je me suis dit ce n’est pas trop mal parce que comme ça je pourrais travailler doucement et continuer à voir comment je m’en sors avec ma santé.
Une fois qu’ils m’ont dit « oui c’est vous qu’on veut », ils m’ont dit mais en fait ce serait peut-être plus simple en freelance parce que on n’est pas sûr du nombre d’horaires que vous aurez à faire chaque semaine. Et du coup voilà je me suis retrouvée freelance un petit peu par hasard.

En fait au bout de quelques mois quand j’ai vu que mes douleurs neuropathiques donc tout ce qui est nerveux s’accentuaient, je me suis dit c’était la bonne solution au bon moment sans que je le sache.
Donc voilà ce n’était pas un choix, mais c’était la bonne solution et je pense que je n’aurais pas oser faire ce choix avant plusieurs années parce que j’étais un peu dans ce truc de « j’ai que 21 ans je ne peux pas me permettre
d’être entrepreneure je ne connais pas assez, je n’ai pas assez travaillé etc. » Et au final tu apprends tout sur le tas de toute façon donc peu importe ton âge.

Retour au salariat ?

Et j’ai une question, je connais un peu la réponse à la question mais je vais quand même te la poser.
Est-ce que tu te verrais retourner dans un emploi salarié ?

Non ! Ce n’est pas possible vraiment. Ça ne pourrait pas marcher. Un emploi salarié où tu as des horaires précis, tu n’as pas le droit de partir quand tu veux, ça ne marche pas en fait. Parce que j’ai 4 rendez-vous chez le kiné par semaine, il y a bien un moment où il faut les placer dans la semaine donc je ne peux pas dire à un employeur lundi de 11h à 14h je ne suis pas là parce que j’ai 2 rendez-vous kiné et puis peut être que je ne viendrais pas après parce-que je serai fatiguée, donc je pense que ça ne marchera pas.
Je n’ai pas le choix je suis entrée dans l’entreprenariat je ne peux plus en sortir.

Alors pour le coup moi j’ai une expérience légèrement différente de la tienne et donc si on s’en tient juste à ma maladie, je pourrai potentiellement reprendre un travail salarié. Si je tombe sur quelqu’un de très compréhensif, puisque moi je n’ai vraiment mal que dans la période de mes règles. Ça ne change pas que pendant la période de mes règles, il faudrait me donner entre 3 et 4 jours, selon l’intensité de la chose, et donc du coup c’est 3 ou 4 jours par mois, et donc forcément dans un emploi salarié ça fait un peu compliqué, ça fait beaucoup de prendre autant de jours sur une année, donc je comprends totalement ce que tu partages.

Est-ce que dans les clients que tu as, tu en vois pour qui l’entreprenariat ça a vraiment été un échappatoire, une manière de réussir à avoir un travail, un salaire, tout en étant malade alors que c’est quelque chose que peut-être ils avaient abandonné ou qu’ils n’imaginaient pas ça possible ?

Oui en fait pas forcément des clients.
J’ai beaucoup de discussion, comme j’ose en parler à des personnes qui viennent me dire « moi aussi ça me fait plaisir de voir ça » j’ai remarqué qu’il y a un profil type, c’est d’anciennes profs, qui doivent tenir debout toute la journée, et qui à un moment elles ne peuvent plus quoi ce n’est pas possible. Et l’entreprenariat ça été une porte de sortie géniale pour continuer un peu dans des thèmes qu’elles aimaient bien, et de ne plus avoir à être debout à tenir une classe pendant 1 heure à pas pouvoir sortir de classe etc.
Mais c’est vrai que ça m’a surpris et j’ai au moins 4-5 personnes en tête qui ont ce profil précis, d’anciennes profs qui sont reconverties parce que ce n’était plus possible mais je pense que ce n’est pas la solution pour tout le monde.

Il faut le préciser parce que l’entreprenariat ce n’est pas évident non plus. Mais pour ceux qui se voient faire de l’entreprenariat ça peut être une superbe porte de sortie. Après c’est sûr que les premiers mois quand tu es un peu dans le désert de clients, et que tu essaies de joindre les deux bouts, et que tu n’as pas forcément beaucoup d’argent qui rentre, c’est compliqué.
Surtout si tu as des soins à payer à côté. Moi je sais que j’ai plein de soins à payer à côté, donc ce n’est pas toujours facile. Mais si tu arrives à te lancer, et que l’entreprenariat c’est un truc qui peut te parler et qui te plait, il faut y aller à fond. Parce que moi quand je vois que rien qu’hier j’ai pu passer la journée à m’occuper de moi, à aller chez le kiné, je
n’ai plus à dire non je ne pourrai pas prendre de rendez-vous avant mercredi dans 3 mois. Ça me facilite la vie et je vais déjà mieux, alors que si j’avais été salariée chaque rendez-vous aurai dû attendre 6 mois je n’aurai pas pu les prendre. J’aurai continué à rentrer dans la douleur et encore plus parce que moi mon type de douleurs c’est « plus tu as mal, plus tu as mal, puis ton cerveau te dit tu as très mal, vraiment très mal continue là ça te fait trop mal », donc il y a un moment où il fallait stopper ça. Et je pense que c’était un peu la bonne solution par hasard, mais c’était la bonne solution.

Un offre adaptée aux maladies chroniques

Et comment tu accompagnes concrètement les entrepreneur.es qui ont des maladies chroniques ?

Alors pour le moment c’est un peu j’avoue le flou, parce que je suis en train de mettre en place mon offre, et que j’ai envie de faire un truc bien donc j’ai peur de lancer sans que ce soit parfait mais va falloir que je le fasse un moment. Et j’ai envie d’accompagner pour faire un bilan, voir ce qui impacte la santé, comprendre la ou les maladies parce qu’il peut y en avoir plusieurs à la fois, souvent c’est un package entier qui arrive.
Comprendre les maladies, comment elles fonctionnent, comment elles impactent au quotidien.
Comprendre aussi le business, ce que la personne a envie de mettre en place, et réussir à lier les deux, trouver peut-être comment optimiser un peu tout et faire en sorte que la personne ait à travailler beaucoup moins tout en faisant la même chose. 

Par exemple je vois qu’ il y a beaucoup de coaching où tu fais un appel découverte : tu fais un appel avec une seule personne et ça prend énormément de temps, parce que dans ta semaine tu as 12 appels découverte à faire et c’est
épuisant donc peut-être trouver d’autres moyens, réfléchir ensemble, travailler ensemble sur un mois pour améliorer pleins de petits trucs comme ça ; la programmation de contenus ,voir comment simplifier, recycler les contenus, essayer de réduire le temps de travail pour qu’ il y ait un vrai temps pour prendre soin de soi et se reposer.

Donc c’est en construction. Je ne sais pas si ça te parait très concret ou c’est que moi qui voit ça flou mais voilà c’est un peu en pleine réflexion.

Une offre en création

Ok donc là on peut dire en gros tu es en train de créer ton offre, mais que tu es motivée par un pourquoi tellement fort, cette volonté vraiment profonde d’aller aider les entrepreneur.es malades chroniques, que tu avances et tu te dis de toute façon à un moment donné je sais qu’il y a un marché je vais pouvoir aider les gens. 

Mais quand je vois le nombre de personnes que je ne soupçonnais pas, des fois c’est même des personnes que je connais depuis plusieurs années, qui arrivent à un moment dans mes messages privés et qui me disent « Merci juste d’en parler parce que je me sens seule depuis longtemps, je n’ose pas en parler » parce qu’il y a une grosse partie des maladies chroniques qui sont complètement invisibles.

Moi si je commence à marcher, à faire ma vie, à sourire, personne ne va se dire que je suis en train de souffrir et je galère pour tenir debout, mais que je ne le montre pas. Il y a tout ça, et il y a aussi le fait qu’il y en a beaucoup qui ne se disent pas malades chroniques. C’est un truc que je vois souvent mais j’ai une copine qui a une endométriose elle va se reconnaître je pense, et tous les mois elle a mal, vraiment très mal parce-que l’endométriose c’est ça. Elle est crevée, elle ne peut pas travailler pendant ces jours-là et elle doit s’adapter. Et elle me dit « mais je ne sais pas vraiment si je suis malade chronique en fait » ben si ! Si tous les mois depuis plusieurs mois, il y a un moment dans ta vie où tu dois adapter tout ton quotidien et ton travail autour de ta santé, c’est que tu as une maladie chronique. Et ça marche pour tout en fait.
La maladie chronique ce n’est pas qu’une endométriose ou des choses comme ça. Ça peut être des problèmes de santé mentale. Je pense à la dépression, des troubles du comportement, c’est tout en fait ! Dès que ça t’impacte et qu’il y a un moment où ça peut te bloquer et que tu as besoin juste d’un coup de main de quelqu’un qui va te comprendre, t’écouter, t’aider à débloquer les choses et à te faire avancer pour mieux travailler. Parce que dès fois tu n’as pas pensé aux solutions qui sont possibles.
Mais moi quand je me suis lancée dans l’entreprenariat, j’y allais à fond, j’étais crevée. Clairement à 20h il y avait plus personne et je dormais jusqu’au lendemain à 9h. Si j’avais eu quelqu’un qui m’avait dit je te comprends j’ai exactement la même chose, il va falloir que tu mettes ça en place, que tu essaies de voir quand tu peux travailler ; que là tu vois tu n’allais pas bien, essayes de comprendre pourquoi ; ne pas te mettre de stress et essayer aussi d’avoir cette idée de se dire (même moi je dois me le dire tous les jours) « mais ce n’est pas grave si tu n’avances pas aussi vite que les autres ».
Parce que je sais, je me connais je suis pareil il y a des jours où à certaines copines je leur ai envoyé un message : « là je suis frustrée, j’ai l’impression que je n’ai pas de résultats, que tout ce que je fais ça n’avance pas, quand je vois les autres ça avance à toute vitesse c’est fou, » mais en fait ce qu’il faut que je me rappelle c’est que des fois je ne travaille qu’une heure par jour parce que je suis complétement morte donc c’est normal que ça n’avance pas autant que les autres. Mais ce n’est pas grave, ce n’est pas une course de vitesse l’entreprenariat. C’est juste chacun fait son petit bonhomme de chemin et puis c’est tout. Moi je suis plutôt en mode marathon je suis une petite tortue et puis j’avance doucement et ça me va.

Fierté, joie et recommandations

La fierté de Maëlle

Et c’est quoi la plus grande fierté dans ton business ?

Je pense que ce qui me touche le plus c’est quand quelqu’un ose venir m’en parler et après en parler, et même sur son compte. Parce que tu sais j’ai fait des interviews sur mon compte, tu y as participé et derrière je sais qu’il y en a plusieurs qui en ont parlé plus sur leur compte qui ont osé dire « là en ce moment je ne me sens pas bien et puis c’est comme ça… » et tu sais tous ces petits messages que je reçois qui disent : « mais c’est trop bien ton compte je me sens moins seule je comprends mieux ce que j’ai »

Et puis j’essaye de faire cette bulle de bien-être c’est à dire quand on arrive sur mon compte, déjà c’est coloré de
partout. Oui en story des fois je peux montrer que je ne vais pas bien parce que c’est la réalité. Mais quand je demande « comment ça va ? ».  Chaque sondage, j’essaye de répondre à tout le monde, d’essayer de leur envoyer un petit peu de bonheur dans leur journée, de leur demander : « Vraiment comment ça va ?». Pas juste ça va, vraiment « comment tu vas en ce moment ? ». Et d’aller plus loin, de creuser de discuter vraiment et j’ai l’impression que des fois c’est ce qu’il manque à certaines personnes. C’est juste un endroit pour parler et pour enfin libérer un peu de la pression parce que je sais que tu ne peux pas en parler à tout le monde.
Même dans mes proches je sais qu’il y en a qui ne comprennent pas donc avoir quelqu’un qui comprend et à qui en parler. Et puis même des fois avec qui en rire parce que ce n’est pas que des pleurs des fois c’est très cocasse et rigolo la maladie, mais voilà essayer d’être un endroit de bonne humeur et je pense c’est ce qui me rend le plus fière. C’est de voir des gens qui sont contents et à qui ça fait du bien. J’envoie juste un petit message parce que mon but ce n’est pas de changer le monde juste être gentille et donner un peu de bonne humeur à quelqu’un.

Viser grand

Moi je veux bien que ton but soit de changer le monde si les maladies chroniques sont enfin prises en compte ça me va totalement. 

Ce serait le rêve mais je ne suis pas sûre d’avoir cette puissance.

Mais si on a tous cette puissance en visant grand tu vas réussir à faire de grandes choses c’est sûr !

Bon promis je serai ambassadrice de l’ONU pas de soucis (rires).
Après tu n’es pas obligé d’en parler sur tous les toits. Je sais que j’en parle à tout le monde mais c’est aussi ok de venir un peu caché dans mes messages privés pour m’en parler et de ne pas vouloir en parler plus. De toute façon dès que j’ai un retour je ne donnerai jamais le nom des personnes avec qui je travaille parce que c’est un peu du secret médical en quelque sorte et puis pour certains ça peut être tabou donc je ne vais pas lancer le nom de toutes les personnes qui viennent me parler en message privé et dire « celle-là elle a une maladie chronique ! » ça ne sert à rien.

Et puis c’est vrai que nous on en parle assez naturellement mais qu’à aucun moment on oblige les autres à faire pareil. Notamment tu parlais du fait que tu ne le disais pas forcément à tes clients. Je comprends totalement que certaines personnes n’aient pas envie de dire à leurs clients qu’elles ont une maladie chronique et c’est ok. L’avantage est qu’avec ce que tu veux proposer, donc de réussir à avoir un business en accord avec ta maladie c’est qu’en fait tu n’es pas obligé de le dire juste tu dis aux clients par exemple : je ne travaille pas le lundi.
Il y a plein de raisons pour lesquelles tu pourrais ne pas travailler le lundi et donc tu n’es pas obligé de le préciser. Je ne travaille pas les lundis parce que j’ai callé tous mes rendez-vous médicaux.

C’est vrai que tu fais ce que tu veux. Tu es entrepreneure.
Donc il y a un moment si tu dis à ton client tu as le droit de me parler qu’entre 14h et 18h il n’a pas à demander pourquoi c’est toi qui décides de ce que tu fais et ce que tu veux donc il y a moyen d’adapter et de le cacher si tu as envie de le cacher.

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Je suis balance et c’est typique de la balance c’est je ne suis pas capable de faire des choix dans ma vie donc c’est vraiment impossible.

Alors la première personne qui me vient en tête parce que c’est une copine donc voilà tout de suite c’est Justine. Son compte Insta c’est « PIMP ton Insta » et c’est de la bonne humeur, des références pop culture et tout pour être la pro sur Instagram, donc vraiment il faut la suivre à 100%.

Et la deuxième c’est Ellen son compte c’est « rédaction freelance ». Et juste cette femme est adorable il faut la suivre
et c’est la meilleure pour tout ce qui est rédaction. Alors il faut y aller sans hésiter. Et voilà !


J’ai tellement de noms qui viennent en tête qu’il faut que je dise elle aussi… mais après je sais que ces deux-là elles ont besoin de plus de lumière et que les autres que j’ai en tête, elles savent que je les adore mais qu’elles sont déjà trop loin par rapport à moi. Elles n’ont pas besoin de lumière, elles brillent déjà donc c’est bon.

Merci beaucoup, merci pour tout ce que tu as partagé et merci pour ton temps.

Écrit par Lauriane

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